| samedi 01 novembre 2008, a 10:02 |
| Le Prophète - Chapitre 5 : La boisson et la nourriture |
Puis un vieil homme, un aubergiste, dit, Parle-nous du Manger et du Boire. Et il dit : Puissiez-vous vivre du parfum de la terre, et comme une plante être rassasié de lumière. Mais comme vous devez tuer pour manger, et dérober au nouveau-né le lait de sa mère pour étancher votre soif, faites-en alors un acte d'adoration. Et que votre table s'érige comme un autel sur lequel le pur et l'innocent de la forêt et de la plaine sont sacrifiés pour ce qui est plus pur et encore plus innocent en l'homme. Lorsque vous tuez un animal, dites-lui en votre cœur : "Par cette même puissance qui te donne la mort, je suis mis à mort également ; et je serai aussi dévoré. Car la loi qui t'a livré entre mes mains me livrera à une main encore plus puissante. Ton sang et mon sang ne sont autre que la sève qui nourrit l'arbre des cieux." Et quand vous croquez une pomme à pleines dents, dites lui en votre cœur : "Tes graines vivront en mon corps, Et les bourgeons de tes lendemains s'épanouiront dans mon cœur, Et ton parfum sera mon haleine, Et ensemble nous nous enchanterons en toutes saisons". Et à l'automne, quand vous vendangez le raisin de votre vigne pour l'apporter au pressoir, dites en votre cœur : "Je suis aussi une vigne, et mes fruits seront récoltés pour être pressés, Et comme un vin nouveau je serai conservé dans d'éternelles amphores". Et en hiver, lorsque vous tirez le vin, qu'il y ait en votre cœur un chant pour chaque coupe ; Et qu'il y ait dans ce chant une pensée pour les jours d'automne, et pour la vigne, et pour le pressoir.
Khalil Gibran |
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| mardi 30 septembre 2008, a 13:45 |
| La Petite Fille aux Allumettes |
Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.
Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.
Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.
Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.
L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.
«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère. - Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes. - Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité. |
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| jeudi 17 juillet 2008, a 18:00 |
| L'Empire des Loups ... |
"Tout avec commencé avec la peur.
Tout finirait avec elle."
"On ne vous aura rien dit sur L'Empire des loups si on ne vous a pas prévenus des incroyables embardées que recèle ce livre toujours surprenant..." - Christian Sauvage, Le Journal du Dimanche
"Aves ses thrillers inquiétants, Jean-Christophe Grangé a conquis le public. L'Empire des loups porte plus que jamais sa griffe singulière... En chasseur solitaire. En loup pas facile." - Olivier Le Naire, l'Express
Comme beaucoup de personnes, j'ai découvert Jean-Christophe Grangé grâce à l'adaptation filmographique des Rivières Pourpres, qu'il faudra d'ailleurs que j'arrive à lire .... tôt ou tard !
L'Empire des Loups est le livre qui m'aura permis de découvrir Jean-Christophe Grangé côté écriture.
Services Secrets, Expérimentation Médicale, Lavage de cerceau, Amnésie, Mafia Turque, Traffic de drogues, Chirurgie esthétique, Flics Ripoux, Meurtre ...... tous ces ingrédients sont au menu de l'Empire des Loups et constituent un plat qui tient le client en haleine.... jusqu'au bout !
Evidemment, si vous n'aimez pas les thrillers.... je vous déconseille ce livre ! |
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| lundi 19 mai 2008, a 09:45 |
| Le Prophète : Chapitre 4 - Le Don |
Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.
Et il répondit :
Vous donnez, mais bien peu quand vous donnez de vos possessions. C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez véritablement. Car que sont vos possessions, sinon des choses que vous conservez et gardez par peur d'en avoir besoin le lendemain ? Et demain, qu'apportera demain au chien trop prévoyant qui enterre ses os dans le sable sans pistes, tandis qu'il suit les pèlerins dans la ville sainte ? Et qu'est-ce que la peur de la misère sinon la misère elle-même ? La crainte de la soif devant votre puits qui déborde n'est-elle pas déjà une soif inextinguible ? Il y a ceux qui donnent peu de l'abondance qu'ils possèdent - et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons. Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier. Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie, et leur coffre ne se vide jamais. Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense. Et il y a ceux qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême. Et il y a ceux qui donnent et qui n'en éprouvent point de douleur, ni ne recherchent la joie, ni ne donnent en ayant conscience de leur vertu. Ils donnent comme, là bas, le myrte exhale son parfum dans l'espace de la vallée. Par les mains de ceux-là Dieu parle, et du fond de leurs yeux Il sourit à la terre. Il est bon de donner lorsqu'on vous le demande, mais il est mieux de donner quand on vous le demande point, par compréhension ; Et pour celui dont les mains sont ouvertes, la quête de celui qui recevra est un bonheur plus grand que le don lui-même. Et n'y a-t-il rien que vous voudriez refuser ? Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ; Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers. Vous dites souvent : "Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent". Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages. Ils donnent de sorte qu'ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr. Assurément, celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits est digne de recevoir tout le reste de vous. Et celui qui mérite de boire à l'océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau. Et quel mérite plus grand peut-il exister que celui qui réside dans le courage et la confiance, et même dans la charité, de recevoir ? Et qui êtes-vous pour qu'un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté exposée ? Veillez d'abord à mériter vous même de pouvoir donner, et d'être un instrument du don. Car en vérité c'est la vie qui donne à la vie - tandis que vous, qui imaginez pouvoir donner, n'êtes rien d'autre qu'un témoin. Et vous qui recevez - et vous recevez tous - ne percevez pas la gratitude comme un fardeau, car ce serait imposer un joug à vous même, comme à celui qui donne. Elevez-vous plutôt avec celui qui vous a donné par ses offrandes, comme avec des ailes. Car trop se soucier de votre dette est douter de sa générosité, qui a la terre bienveillante pour mère, et Dieu pour père.
Khalil Gibran |
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| lundi 12 mai 2008, a 13:41 |
| Le Prophète : Chapitre 3 - Les Enfants |
Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez-nous des Enfants.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous. Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes. Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image. Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier. Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes. L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin. Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie. Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.
Khalil Gibran |
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| mardi 25 mars 2008, a 09:01 |
| Le Prophète - Chapitre 2 : Le Mariage |
Alors Almitra parla à nouveau et dit, Et qu'en est-il du Mariage, maître ? Et il répondit en disant : Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours. Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours. Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu. Mais laissez l'espace entrer au sein de votre union. Et que les vents du ciel dansent entre vous. Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une chaîne. Laissez le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes. Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe. Donnez à l'autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche. Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais laissez chacun de vous être seul. De même que les cordes du luth sont seules pendant qu'elles vibrent de la même harmonie. Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l'un de l'autre. Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs. Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus : Car les piliers du temple se tiennent à distance, Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre.
Khalil Gibran |
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| vendredi 21 mars 2008, a 16:19 |
| Le Prophète : Chapitre 1 - L'Amour |
Alors Almitra dit,Parle-nous de l'Amour. Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux.
Et d'une voix forte il dit : Quand l'amour vous fait signe, suivez le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et quand il vous parle, croyez en lui. Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins. Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier. De même qu'il vous fait croître, il vous élague. De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil, Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre. Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui. Il vous bat pour vous mettre à nu. Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce. Il vous broie jusqu'à la blancheur. Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple. Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu. Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie. Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour. Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne, Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes. L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même. L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. Car l'amour suffit à l'amour. Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu". Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours. L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir. Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi : Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit. Connaître la douleur de trop de tendresse. Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ; Et en saigner volontiers et dans la joie. Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ; Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ; Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ; Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
Khalil Gibran |
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| lundi 17 mars 2008, a 12:50 |
| Ecrivain intemporel du XIXème ... |
Gibran Khalil GIBRAN est né en 1883 à Bcharré au Liban, issu d'une famille chrétienne (son grand-père était prêtre maronite).
En 1894 il émigre aux USA avec sa mère, retourne au Liban en 1897 pour y faire ses études à l'École de la Sagesse de Beyrouth. En 1901 il voyage en Grèce, Italie, Espagne, France, où il étudie la peinture.
Il écrit alors Les Esprits Rebelles, un livre qui sera brûlé en place publique à Beyrouth et considéré comme hérétique par les autorités maronites.
En 1908, à Paris, il travaille à l'Académie Julian et à l'École des Beaux Arts, et il fréquente Rodin, Debussy, Maeterlinck, Edmond Rostand... En 1910 il retourne définitivement aux USA (New York) pour se consacrer à la peinture et à la poésie.
C'est en 1923 qu'il écrit son chef d'oeuvre : Le prophète . Il meurt à New York en 1931; son corps sera ramené au Liban, dans sa ville natale de Bcharré. |
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| samedi 15 mars 2008, a 21:43 |
| L'éternelle chanson |
Merci Lily ! Grâce à ton commentaire, j'ai découvert le poème de Rosemonde Gérard...
Pour la petite histoire ... Louise-Rose-Étiennette Gérard, dite Rosemonde Gérard (1871-1953), est une poétesse française, petite-fille du maréchal, héros de Wagram. Son parrain était le poète Leconte de Lisle, son tuteur Alexandre Dumas.
En 1890, elle épouse Edmonnd Rostand ... poète comme elle.
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille, Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête, Nous nous croirons encore de jeunes amoureux, Et je te sourirai tout en branlant la tête, Et nous ferons un couple adorable de vieux. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse, Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer, Nous aurons une joie attendrie et très douce, La phrase finissant toujours par un baiser. Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ? Alors avec grand soin nous le recompterons. Nous nous ressouviendrons de mille choses, même De petits riens exquis dont nous radoterons. Un rayon descendra, d'une caresse douce, Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser, Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse, Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.
Et comme chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain, Qu'importeront alors les rides du visage ? Mon amour se fera plus grave - et serein. Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent, Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens. Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens. C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge, Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
Et de ce cher amour qui passe comme un rêve, Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur, Retenir s'il se peut l'impression trop brève Pour la ressavourer plus tard avec lenteur. J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare, Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ; Je serai riche alors d'une richesse rare J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours ! Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève, Ma mémoire parfois me rendra la douceur ; Et de ce cher amour qui passe comme un rêve J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille, Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête, Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan, Et je te sourirai tout en branlant la tête Et tu me parleras d'amour en chevrotant. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
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| mercredi 05 mars 2008, a 09:32 |
| Le loup devenu berger ... |
Un Loup qui commençait d'avoir petite part Aux Brebis de son voisinage, Crut qu'il fallait s'aider de la peau du Renard Et faire un nouveau personnage.
Il s'habille en Berger, endosse un hoqueton, Fait sa houlette d'un bâton, Sans oublier la Cornemuse.
Pour pousser jusqu'au bout la ruse, Il aurait volontiers écrit sur son chapeau : C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau.
Sa personne étant ainsi faite Et ses pieds de devant posés sur sa houlette, Guillot le sycophante approche doucement.
Guillot le vrai Guillot étendu sur l'herbette, Dormait alors profondément. Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette.
La plupart des Brebis dormaient pareillement.
L'hypocrite les laissa faire, Et pour pouvoir mener vers son fort les Brebis Il voulut ajouter la parole aux habits, Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire, Il ne put du Pasteur contrefaire la voix.
Le ton dont il parla fit retentir les bois, Et découvrit tout le mystère.
Chacun se réveille à ce son, Les Brebis, le Chien, le Garçon.
Le pauvre Loup, dans cet esclandre, Empêché par son hoqueton, Ne put ni fuir ni se défendre.
Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Quiconque est Loup agisse en Loup : C'est le plus certain de beaucoup.
Jean de La Fontaine - Les Fables - Livre III |
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| mardi 04 mars 2008, a 17:41 |
| La cigale et la Fourmi |
La cigale, ayant chanté tout l'été, Se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine chez la fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelque grain pour subsister jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai", lui dit-elle, ""avant l'août, foi d'animal, intérêt et principal."" La fourmi n'est pas prêteuse ; c'est là son moindre défaut. "Que faisiez-vous au temps chaud ?" Dit-elle à cette emprunteuse. ""Nuit et jour à tout venant, je chantais, ne vous déplaise !"" ""Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Eh bien… dansez maintenant !"
Jean de La Fontaine - Les Fables - Livre I |
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| Présentation | Regine's thoughts !
Initialement, ce blog était destiné à recueillir mes pensées, mes citations préférées, mes réactions face à à l'actualité, anecdotes, coups de coeur, coups de gueule ...
Ensuite, il s'est transformé en blog consacré à l'amour.... citations, proverbes, chansons, photos, dessins, caricatures...
Finalement, ayant trop de problèmes techniques pour ouvrir un autre blog, il va devenir une porte ouverte sur mon monde et va vous permettre de vous plonger dans mes loisirs, hobbies et passions..... En plus bien sûr de la partie consacrée à l'amour !
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